"TÉMOIGNAGE"

Je m'étais dirigé à grands pas vers la chapelle de l'hôpital de Bellepierre afin de pouvoir me recueillir, une "dernière fois", devant les reliques exposées de Sainte Thérèse de Lisieux.

Tandis que je prenais ma place dans une file d'attente interminable, j'avais remarqué qu'il y avait un jeune infirmier, en faction, qui semblait-il filtrait les entrées. En voyant certains visiteurs rebrousser chemin, j'avais été saisi soudain d'une profonde inquiétude.

À l'instant où je me présentais à mon tour à la porte de la chapelle je m'étais vu refuser l'entrée, à l'instar des autres visiteurs. Le Monsieur me confirmait que les visites étaient strictement réservées aux malades.

Au moment de rebrousser chemin pour revenir au parking, mon interlocuteur m'avait cependant demandé les raisons de ma visite. Après quelques explications sommaires où l'émotion avait entraîné la confusion des mots, l'homme avait accepté de me laisser entrer. Il m'avait glissé à l'oreille : "dix minutes ! Pas plus". Je rentrais, une pâleur soudaine au visage.

Elle était là présente ... L'instant avait été si court. Je me retrouvais déjà dehors avec ce sentiment qui m'avait étreint au moment de l'au revoir. Je remerciais l'infirmier de garde, reconnaissant.

Avant de rentrer à mon domicile je devais, au préalable, passer à l'Évêché, un sentiment rivé au Cœur.

En arrivant dans le hall de l'Évêché je m'étais senti soudainement fébrile tandis que je cherchais du regard la religieuse de la communauté des Filles de Marie. Elle était là assise à son petit bureau d'accueil, Sœur MV R.

Aussitôt elle m'avait interpellé avec cette joie qui la caractérisait : "Pierre ! Tu es venu nous rendre visite ... ".

Je l'avais salué pour enchaîner aussitôt sur ce sentiment dont je voulais me libérer : "M... elle, elle, elle m'a dit de passer !".

La religieuse quelque peu surprise avait posé sa main sur mon épaule et m'avait demandé doucement : "Mais qui t'a dit de passer Pierre ?".

Alors j'avais dit tout bas, dans un murmure à peine perceptible : "Thérèse, ma Sœur, Thérèse ... elle m'a dit de passer à l'Évêché ?".

Des mois d'amitié qui allait partir en fumée ... Je m'étais excusé, me préparant déjà à effectuer ma sortie par le parc.

La religieuse m'avait cependant retenu tout en s'exprimant : "Pierre ! Attends un peu, accompagne-moi là-bas (STP), jusqu'à mon bureau". Et c'est ainsi que je l'avais suivie sagement. C'est là qu'elle m'avait dit : "regarde sur le bureau, que vois-tu Pierre ?". Et moi j'avais répondu : "Des brochures ! Ma Sœur, des brochures !". Et la Sœur me confirmait dans l'instant : "Oui ! Pierre, des brochures en effet. Ce sont les brochures pour annoncer la dernière messe à MAFATE qui sera célébrée en l'honneur de Sainte Thérèse, nous venons juste de les recevoir de l'imprimerie. Thérèse ! Elle voulait que tu passes à l'Évêché Pierre, pour que tu puisses mettre sous pli avec moi". Et là, Sœur MV.R m'avait rappelé les sentiments exprimés par Sainte Thérèse, en cet instant où elle nous avait réunis.

Elle n'était pas à son premier coup d'essai ... Thérèse ! Elle les pousse toutes du coude, pour pouvoir prendre toute la place.

Pierre

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